Quand on commence à créer du contenu UGC, une question revient vite : continuer en totale autonomie ou passer par une agence UGC pour trouver des missions, négocier, structurer ses collaborations ? Entre liberté, charge mentale, argent et alignement, le choix n’est pas si évident. Certaines créatrices racontent avoir explosé leur nombre de briefs dès qu’elles ont rejoint une agence, d’autres se sont senties enfermées dans des scripts froids, loin de leur façon de créer. Le monde du UGC bouge vite, les marques testent de nouveaux formats, les budgets se déplacent des pubs classiques vers des contenus plus authentiques. Au milieu de tout ça, une freelance a besoin de visibilité, de stabilité… mais aussi d’espace pour expérimenter, se tromper, recommencer.
Ce qui se joue derrière cette question, ce n’est pas seulement “avoir plus de contrats”. C’est choisir une manière de travailler : relation directe avec les marques ou intermédiaire qui filtre, organise et distribue les campagnes ; gestion complète de son business (prospection, facturation, suivi) ou externalisation partielle à une structure qui mutualise les besoins de plusieurs talents. C’est accepter parfois des tarifs imposés pour la sécurité d’un flux régulier de projets, ou préférer négocier soi-même chaque mission pour défendre sa valeur. L’enjeu, au fond, c’est d’arriver à concilier créativité, sérénité financière et cohérence avec ses valeurs. Plutôt que de trancher de manière radicale, il devient intéressant de regarder les différents modèles de collaboration qui existent, les critères à poser, et les signaux à observer pour décider, en conscience, si une agence UGC est un accélérateur… ou une fausse bonne idée pour ton parcours.
En bref :
- Passer par une agence UGC n’est jamais obligatoire pour réussir en freelance, mais cela peut être un levier puissant à certains moments de ton parcours.
- Les agences apportent des briefs, de la structure et des process, en échange d’une commission sur les budgets ou de tarifs parfois standardisés.
- Une créatrice autonome garde la main sur ses prix, son positionnement et ses clients, mais doit assumer la prospection, la négociation et l’administratif.
- Le bon choix dépend de ta niche, de ton niveau d’expérience, de ta capacité à vendre et de ton besoin de sécurité vs liberté.
- Le modèle hybride (clientes directes + une ou deux agences partenaires) est souvent le plus équilibré pour lisser les revenus et continuer à tester de nouveaux formats.
Faut-il passer par une agence UGC quand on débute comme créatrice freelance ?
Imagine Léa, créatrice UGC qui adore tester des soins de la peau et filmer des routines très simples dans sa salle de bain. Elle poste quelques vidéos test sur TikTok, commence à comprendre la lumière, les transitions, la manière de parler à la caméra. Elle n’a pas encore de clientes, mais son contenu est propre, sincère, fluide. Un jour, elle tombe sur une agence UGC qui promet “produits gratuits + briefs + rémunération” en échange d’une simple inscription. Pour elle, le doute commence : continuer à construire son univers seule ou accepter ce tremplin qui semble lui ouvrir la porte des marques ?
C’est souvent à ce moment-là que l’idée d’une agence UGC semble la plus séduisante. Les plateformes spécialisées et studios de contenu se développent, certains annoncent des dizaines de créateurs déjà inscrits, des campagnes dans la beauté, la mode, la food, la tech. Pour une freelance en construction, découvrir un espace où les marques arrivent déjà qualifiées, avec un budget, un brief, parfois un calendrier, peut représenter un raccourci appréciable. Cela évite de passer des soirées à rédiger des mails de prospection, des DM Instagram ou LinkedIn sans réponses.
Mais même au stade débutant, tout n’est pas noir ou blanc. Avant de dire oui à la première agence, il est utile de clarifier ses objectifs. Une créatrice peut chercher :
- Ses premiers contrats payés pour valider son positionnement.
- Un rythme d’apprentissage rapide grâce à des briefs variés.
- Un accompagnement sur la partie contractuelle pour éviter les erreurs juridiques classiques.
- Des retours précis sur ses vidéos afin de progresser plus vite.
Selon ces priorités, la même agence peut être un tremplin ou au contraire un frein. Certaines imposent des tarifs plancher très bas (du type 50–80 € la vidéo courte), sans rachat de droits ni usage publicitaire clairement défini. D’autres, au contraire, éduquent les marques, proposent des grilles tarifaires réalistes (par exemple à partir de 80 € par vidéo en entrée de gamme et plusieurs milliers d’euros pour des campagnes complètes) et incluent de vrais échanges sur les objectifs marketing des contenus.
Pour y voir plus clair, il peut être précieux de comparer quelques scénarios concrets typiques au moment du démarrage.
| Situation | Sans agence UGC | Avec agence UGC |
|---|---|---|
| Premiers contrats | Prospection solo, temps de réponse long, essais gratuits ou produits offerts | Briefeuse dédiée, campagnes déjà budgétées, validation plus rapide |
| Apprentissage du métier | Auto-formation, tests, erreurs en direct avec les marques | Feedback cadré, guidelines, exemples de campagnes performantes |
| Tarifs au lancement | Tarifs parfois trop bas par peur de perdre la cliente | Grille définie par l’agence, parfois plus protectrice, parfois limitante |
| Temps passé hors création | Beaucoup de temps en messages, devis, suivi, relances | Process et modèles déjà en place, gain de temps administratif |
| Liberté créative | Très forte, co-construction directe avec la marque | Dépend du brief : scripts parfois très précis, marges de manœuvre variables |
Quand on démarre, l’enjeu principal reste de transformer une envie de créer en activité réelle. Une agence peut agir comme un laboratoire accéléré, à condition de rester vigilante sur deux points : conserver quelques projets “personnels” pour garder la main sur son style, et ne pas se laisser enfermer dans des grilles de prix qu’on regrettera plus tard. Au lieu de se demander “faut-il ou non passer par une agence ?”, une question plus utile serait : “dans quelle mesure une agence peut-elle soutenir mes premières étapes, sans me déposséder de mon identité de créatrice ?”

Agence UGC ou prospection solo : comment savoir ce qui te convient vraiment ?
Pour éclairer ce choix, beaucoup de créatrices établissent une sorte de mini-audit de leur situation. Le but : évaluer honnêtement ce qui est déjà solide chez elles, et ce qui manquerait pour travailler sans filet. Celles qui adorent la partie relationnelle, qui n’ont pas peur de négocier, de parler budget, de relancer poliment une marque, se sentent souvent plus à l’aise en autonomie. À l’inverse, celles qui veulent concentrer leur énergie sur la caméra, l’écriture de scripts, la mise en scène, accueillent volontiers l’idée d’un intermédiaire qui filtre les demandes.
Tu peux te poser par exemple ces questions simples :
- Est-ce que la prospection me paralyse ou me stimule ?
- Ai-je déjà une niche claire (beauté, food, tech, B2B, voyage…) ou suis-je en phase d’exploration totale ?
- Suis-je prête à dire non à des tarifs trop bas, même si j’ai envie de remplir mon agenda ?
- Est-ce que j’ai du temps à consacrer à l’administratif sans rogner sur ma créativité ?
Les réponses permettent souvent de visualiser un premier scénario. On voit aussi que ce choix n’est pas figé : beaucoup commencent avec une ou deux agences, puis se détachent progressivement pour signer des contrats directs plus stratégiques. À l’inverse, certaines freelances déjà rodées s’appuient sur une agence à des périodes chargées (fêtes de fin d’année, gros lancements) pour lisser leur charge de travail et éviter l’épuisement.
La vraie clé, au démarrage, reste de bâtir un socle : portfolio, quelques vidéos test, compréhension basique des formats principaux (vidéos verticales, témoignages face caméra, démonstrations produit, tutoriels). Qu’on choisisse une agence ou non, ce sont ces contenus qui parleront pour toi auprès des marques. La question devient alors moins “faut-il passer par une agence UGC ?” que “quelle structure me permettra de créer ce socle dans de bonnes conditions, sans perdre le plaisir qui m’a donné envie de me lancer ?”.
Avantages d’une agence UGC pour une créatrice freelance : structure, clients et sécurité
Quand une freelance rejoint une agence UGC bien pensée, elle entre dans un écosystème qui ne se limite pas à l’envoi de produits et de briefs. Certaines structures fonctionnent comme de véritables studios : analyse des tendances, tests d’angles créatifs, accompagnement dans l’écriture des scripts, échanges sur les performances des vidéos diffusées en publicité. Pour une créatrice, c’est comme brancher sa pratique individuelle sur un radar collectif. On ne dépend plus uniquement de son intuition, on s’appuie aussi sur la data et l’expérience accumulée sur des dizaines de campagnes.
Les bénéfices les plus cités par les créatrices qui travaillent avec des agences sont souvent les mêmes :
- Un flux plus régulier de missions, même si les montants varient.
- Des briefs structurés qui évitent les allers-retours interminables.
- Des délais clairs et des éléments fournis (produits, guidelines visuelles, messages-clés).
- Une médiation quand il y a désaccord sur un script, une refonte ou une validation.
Sur le plan financier, l’agence peut aussi jouer un rôle de garde-fou. Alors que beaucoup de débutantes accepteraient volontiers de travailler uniquement contre produits, les studios sérieux rappellent que la création UGC est un travail complet : réflexion, tournage, montage, parfois reshoots, livraison de fichiers optimisés pour les plateformes. D’où l’idée de ne pas descendre sous certains prix plancher. Quand une agence recommande un minimum de 80 € par vidéo courte, ce n’est pas un chiffre tombé du ciel, mais un équilibre entre le temps passé, la valeur créée pour la marque et la possibilité de construire un revenu viable.
Pour comprendre comment cette structure peut t’aider au quotidien, il est utile de visualiser ce que prend en charge l’agence et ce que tu gardes comme responsabilité.
| Élément | Pris en charge par l’agence UGC | Responsabilité de la créatrice freelance |
|---|---|---|
| Recherche de clients | Démarchage des marques, centralisation des besoins | Maintenir un portfolio à jour, se rendre visible |
| Négociation de base | Cadre tarifaire, nombre de vidéos, cession de droits | Accepter ou refuser les conditions proposées |
| Gestion contractuelle | Contrats type, délais de paiement, CGV | Fournir ses infos légales, respecter les délais de livraison |
| Direction créative | Brief, guidelines de marque, objectifs marketing | Proposer des idées, rester force de proposition |
| Production | — | Tournage, écriture, montage, corrections éventuelles |
Il existe aussi un avantage plus discret, mais très précieux : la montée en compétence. En collaborant sur plusieurs campagnes différentes, une créatrice voit passer une grande variété de formats : témoignage client, publicité native, UGC pour pages de vente, vidéos de retargeting, contenus organiques pour TikTok ou Instagram Reels, capsules pour YouTube Shorts. Cette diversité l’aide à comprendre ce qui fonctionne vraiment, et pourquoi. Elle distingue, par exemple, le ton plus intimiste d’un contenu pensé pour le fil d’actualité, du rythme plus direct et orienté conversion d’une publicité payante.
On voit émerger des agences qui jouent aussi un rôle de “mentor discret”. Elles envoient des exemples de vidéos performantes, expliquent pourquoi tel hook a mieux marché, comment une simple phrase ajoutée (“j’avais un doute au début mais…”) a doublé le taux de clics. Pour une freelance, c’est comme avoir un retour permanent sur son travail, là où en direct avec les marques, le feedback se résume parfois à “on aime / on n’aime pas”. Ces retours nourrissent la confiance, aident à affiner son style, et donnent aussi des arguments concrets pour négocier plus tard, avec ou sans agence.
Si on résume, une agence UGC apporte principalement trois choses : des clients, de la structure et une forme de sécurité psychologique. La question suivante devient alors : à quel prix, en termes d’argent, de liberté et de positionnement personnel, es-tu prête à accepter ce package ?
Limites et risques des agences UGC pour les créatrices freelance
Derrière les promesses de campagnes illimitées et de flux de briefs, il existe aussi des écueils concrets à connaître. Certaines créatrices décrivent leur expérience dans des agences comme une sensation de “chaîne de production de vidéos” : peu de temps pour creuser le produit, scripts imposés au mot près, modifications multiples sans compensation, cession de droits très large sans rémunération additionnelle. Quand la demande des marques explose, la tentation est grande, pour certains intermédiaires, de privilégier le volume au détriment de la qualité et de l’accompagnement.
Les limites les plus fréquentes citées sont les suivantes :
- Tarifs figés qui ne tiennent pas compte de la montée en compétence de la créatrice.
- Manque de transparence sur le budget global payé par la marque.
- Peu de marge créative, surtout sur les campagnes très orientées performance.
- Gestion des droits d’utilisation floue (durée, plateformes, formats publicitaires).
La situation typique : la marque verse un budget conséquent pour une série de vidéos (par exemple 3 000 € pour plusieurs UGC multi-angles), l’agence garde une grosse partie pour la gestion de projet, et la créatrice reçoit un forfait serré qui ne reflète pas l’impact réel de ses contenus. Sans transparence, il devient difficile pour elle de savoir à quel point son travail est rentable pour ses partenaires. À long terme, ce flou peut alimenter le sentiment d’être “remplaçable”, ce qui grignote la confiance.
Un autre risque tient à la dépendance. Si une freelance s’appuie sur une seule agence pour 80 % de son chiffre d’affaires, elle devient très vulnérable à la moindre réorganisation, baisse de budget ou changement d’équipe. L’histoire digitale est remplie d’outils et de plateformes qui ont explosé, puis disparu ou pivoté en quelques mois. Une créatrice qui n’a pas développé ses propres marques partenaires, ni ses canaux de visibilité (portfolio, réseaux, bouche-à -oreille), peut se retrouver brusquement sans mission, sans avoir eu le temps de construire une alternative.
| Risque | Conséquence pour la créatrice | Parade possible |
|---|---|---|
| Dépendance à une seule agence | Revenus instables en cas de baisse de campagnes | Multiplier les sources : clients directs, plusieurs agences, side projects |
| Tarifs bloqués | Impossible d’augmenter ses prix malgré l’expérience | Négocier des paliers, refuser certains briefs, développer son portefeuille perso |
| Briefe trop rigides | Perte de motivation, impression de “jouer un rôle” | Proposer des variantes, garder des projets créatifs en parallèle |
| Cession de droits trop large | Vidéos diffusées longtemps sans rémunération complémentaire | Demander la durée, les plateformes, négocier des options payantes |
| Manque de feedback | Difficulté à progresser et à améliorer ses scripts | Poser des questions, demander chiffres et retours, analyser ses propres contenus |
Certains signaux doivent mettre en alerte dès le premier contact. Par exemple : une agence qui ne parle jamais de tarification, seulement de “visibilité” ou de “cadeaux produits” ; un contrat qui prévoit l’usage illimité et mondial des vidéos sans mention de compensation ; un fonctionnement où les créatrices n’ont aucun contact avec la marque, même en phase de compréhension produit. Dans ces cas-là , l’intermédiaire ne joue plus un rôle de passerelle, mais de mur.
La vraie question à se poser face à ces risques est double : “Est-ce que cette agence respecte mon travail ?” et “Est-ce qu’elle me permet de grandir sur la durée ?”. Si la réponse est non, il est souvent plus sain de décliner, même si le nom de la marque fait briller les yeux. Le marché du UGC est large, tous les projets ne sont pas bons à prendre. Savoir dire non aux collaborations qui brouillent ton positionnement, c’est déjà une forme de stratégie.
Construire un modèle hybride : agence UGC, clientes directes et autonomie créative
Entre le tout-agence et le tout-solo, une voie médiane s’est imposée chez beaucoup de créatrices : le modèle hybride. L’idée : utiliser les agences UGC comme réservoir de briefs et terrain d’expérimentation, tout en construisant, en parallèle, son propre écosystème de collaborations directes avec les marques. Ce modèle répond à un besoin simple : ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, tout en gardant une base de revenus relativement prévisible.
Concrètement, une créatrice peut décider de répartir son temps de cette façon :
- Une partie de son mois dédiée aux campagnes agence (par exemple 30 à 50 % de son planning).
- Une autre réservée aux clients directs avec une relation plus profonde (contrats longs, co-création, consulting contenu).
- Un créneau récurrent pour ses propres contenus (portfolio, TikTok, Instagram, YouTube Shorts, newsletter).
Ce fonctionnement permet d’utiliser chaque canal pour un objectif différent. Les agences servent souvent à tester de nouveaux secteurs (beauté, food, voyage, tech, B2B…), à voir dans quels univers on s’épanouit vraiment. Les clientes directes deviennent, elles, des partenaires avec qui construire des stratégies plus globales : séries récurrentes, storytelling sur plusieurs mois, accompagnement sur le repositionnement d’une marque. Quant aux contenus personnels, ils incarnent le terrain de jeu où l’on peut prendre des risques créatifs, explorer son ton, parler des coulisses de son métier.
| Canal | Objectif principal | Type de missions | Avantage clé |
|---|---|---|---|
| Agences UGC | Volume, exploration, apprentissage rapide | Vidéos unitaires, séries courtes, tests produits | Accès à plusieurs marques sans démarchage massif |
| Clientes directes | Stabilité, profondeur, montée en gamme | Contrats longs, packs mensuels, stratégie de contenu | Négociation directe, tarifs plus élevés, relation forte |
| Contenus personnels | Image de marque, expérimentation | Vidéos tests, études de cas, coulisses | Liberté totale, vitrine pour attirer de nouvelles marques |
Un exemple concret : Nina, créatrice UGC dans la food et le lifestyle, travaille avec une agence qui lui envoie régulièrement des briefs pour des snacks, des boissons, des box repas. Elle réalise 3 à 5 vidéos par mois via cette structure, ce qui couvre son minimum vital financier. En parallèle, elle a développé une relation directe avec deux marques : une entreprise de thé bio et une startup de batch cooking. Avec elles, elle ne produit pas seulement des UGC : elle co-construit des scripts de campagnes, fait des suggestions de formats pour les stories, participe à des brainstormings autour de nouvelles gammes.
Grâce à cette combinaison, Nina peut se permettre de refuser certaines campagnes via l’agence qui ne lui parlent pas, tout en ayant la sécurité de missions récurrentes. Elle garde aussi une après-midi par semaine pour créer des contenus pour son propre compte TikTok, où elle parle de recettes simples, de freelancing et de vie créative. Ce sont justement ces vidéos “perso” qui attirent parfois de nouvelles marques, touchées par son ton plus intime et sa manière d’expliquer les produits.
Adopter ce modèle hybride demande une chose : de la clarté sur son temps et son énergie. Sans organisation, le risque est de s’éparpiller, de dire oui à tout et de finir en surcharge chronique. Le pas suivant consiste donc à apprendre à cadrer son activité comme un vrai studio, même si on est seule derrière son téléphone.
Comment choisir (ou refuser) une agence UGC : critères, questions et signaux à écouter
Lorsqu’une agence UGC te contacte ou que tu t’apprêtes à postuler, il peut être utile de la regarder comme une future partenaire, pas comme une sauveuse. Cette posture change tout. Au lieu de te demander “vais-je être prise ?”, demande-toi “est-ce que cette agence mérite ma créativité ?”. Pour y répondre, quelques critères concrets peuvent t’aider à faire le tri entre les structures sérieuses et celles qui surfent simplement sur la vague UGC sans vision long terme.
Voici des angles à vérifier avant de signer quoi que ce soit :
- Transparence sur les tarifs : comprend-tu clairement comment se répartit le budget entre la marque, l’agence et toi ?
- Clarté des droits d’utilisation : durée de diffusion, plateformes, possibilités de réutilisation en ads.
- Qualité des briefs : y a-t-il une vraie réflexion marketing derrière ou juste une checklist superficielle ?
- Relation humaine : te sens-tu écoutée quand tu poses des questions, ou balayée d’un “ne t’inquiète pas” ?
Une manière simple d’évaluer une agence consiste à lui poser directement certaines questions. Les réponses — ou le malaise — en diront long. Tu peux par exemple demander :
- “Pouvez-vous me donner une fourchette de rémunération par type de mission (vidéo unique, pack, campagne longue) ?”
- “Comment gérez-vous les demandes de modifications au-delà de ce qui est prévu ?”
- “Les créatrices ont-elles accès aux résultats (vues, conversions, commentaires) des campagnes ?”
- “Travaillez-vous sur la durée avec les mêmes talents ou surtout en one shot ?”
| Question à l’agence | Bonne réponse (signal positif) | Mauvaise réponse (signal d’alerte) |
|---|---|---|
| Comment sont fixés vos tarifs pour les créatrices ? | Grille explicite, possibilité d’évolution, exemples concrets | “Ça dépend, on verra plus tard”, aucune base communiquée |
| Quelles sont les conditions de cession de droits ? | Durée limitée, plateformes listées, options payantes pour extensions | “Usage illimité monde entier” sans compensation additionnelle |
| Comment gérez-vous les retours et corrections ? | Nombre de retours défini, process clair, respect du temps de la créatrice | Retours illimités, aucune mention de rémunération pour les reshoots |
| Partagez-vous les résultats des campagnes ? | Oui, au moins quelques chiffres clés et insights | Non, “ça ne te regarde pas” ou “on n’a pas le temps” |
| Vous engagez-vous sur des paiements rapides ? | Délai écrit dans le contrat, suivi facturation sérieux | Réponses floues, “ça dépend des marques” sans cadre formel |
Refuser une agence ne ferme jamais toutes les portes. Au contraire, ce choix renvoie souvent un message de sérieux : tu connais ta valeur, ton temps, tes limites. Certaines freelances se sentent intimidées par l’idée de dire non, par peur de ne plus jamais être recontactées. La réalité, sur le terrain, est autre : une créatrice claire sur ce qu’elle accepte ou non devient souvent… plus désirable, car les agences sérieuses savent qu’elle ne sacrifiera pas la qualité pour du volume.
Pour terminer, un petit exercice d’alignement peut aider : avant de signer avec une agence, écris noir sur blanc ce que tu attends d’elle à 6 mois. Plus de stabilité ? De meilleurs briefs ? Des campagnes dans un secteur précis ? Garde ce document et reviens-y plus tard. Si la collaboration t’a rapprochée de ces objectifs, tu sauras que ce partenariat est sain. Sinon, ce sera peut-être le moment de rééquilibrer ton modèle, en réinvestissant davantage dans tes clientes directes ou ta visibilité personnelle. L’important, dans tous les cas, est que tu restes aux commandes de ton parcours, même quand tu choisis de t’entourer d’intermédiaires.
| À retenir : |
|---|
| Idée reçue : “Il faut absolument passer par une agence UGC pour trouver des clients.” |
| Réalité : les agences peuvent être un accélérateur, mais beaucoup de créatrices construisent leur activité avec un modèle hybride ou 100 % direct. |
| Clé : choisis tes partenaires (agences comme marques) en fonction de la transparence, du respect de ton travail et de la possibilité d’évoluer. |
| Action : liste trois critères non négociables pour toute future agence, puis trois campagnes “rêvées” que tu aimerais signer, avec ou sans intermédiaire. |
Est-ce obligatoire de passer par une agence UGC pour trouver ses premiers clients ?
Non. De nombreuses créatrices UGC trouvent leurs premiers contrats grâce à un portfolio solide, quelques vidéos test publiées sur leurs réseaux et de la prospection directe (DM, email, LinkedIn). Les agences peuvent accélérer le processus, mais ne sont pas une condition d’entrée dans le métier.
Quel est le principal avantage d’une agence UGC pour une freelance débutante ?
Le gros avantage est la structure : l’agence apporte des briefs déjà cadrés, des marques prêtes à investir et un cadre juridique de base. Cela permet de se concentrer sur la création, tout en découvrant rapidement différents types de campagnes et de secteurs sans devoir démarcher seule pendant des mois.
Comment éviter de se faire sous-payer via une agence UGC ?
Commence par clarifier tes minima : en dessous de quel tarif tu refuses de travailler, même au début. Demande toujours comment sont gérés les droits d’utilisation et pour combien de temps. Compare aussi les offres : une agence qui rémunère systématiquement en dessous de 80 € par vidéo courte, sans droits limités, n’est probablement pas alignée avec une pratique durable du métier.
Peut-on travailler avec plusieurs agences UGC en mĂŞme temps ?
Oui, à condition de vérifier qu’aucune clause d’exclusivité ne t’en empêche. Travailler avec plusieurs agences permet de diversifier les opportunités et de réduire ta dépendance à un seul interlocuteur. Garde cependant une vision claire de ton planning pour ne pas accepter plus de briefs que tu ne peux en produire sereinement.
Comment savoir si une agence UGC est sérieuse ?
Une agence sérieuse est transparente sur ses tarifs, ses clients, ses process et ses délais de paiement. Elle propose des contrats clairs, précise les droits d’utilisation des contenus et accepte de répondre à tes questions. Elle recherche une relation sur la durée, pas seulement du volume de vidéos à court terme. Si tu te sens écoutée et respectée dès les premiers échanges, c’est souvent bon signe.

